C’est le temps de renforcer la fonction publique

Quand j’ai obtenu mon diplôme universitaire, j’ai écrit l’examen de la fonction publique fédérale, en croyant que l’administration publique m’offrirait une carrière dans laquelle je pourrais faire une contribution utile à la vie de mon pays. J’ai fini par choisir une différente piste que l’administration en travaillant durant une grande partie de ma carrière dans le secteur des intérêts publics pour des organisations sans but lucratif, et il y a trois ans en offrant mes services à la population de Fredericton-Sud à l’Assemblée législative.
Aujourd’hui, l’administration est calomniée, dépréciée et même diffamée par certains. En général, le service public est considéré comment étant douteux avec les représentants élus suscitant moins de confiance qu’à peu près toutes les autres occupations, et les organisations en faveur de l’intérêt public ne sont pas considérées mieux que tous les groupes d’intérêts spéciaux avec des comportements intéressés. Ces perceptions sont malsaines pour la démocratie et fournissent un prétexte pour réduire le rôle du gouvernement et la défense des citoyens au moment où nous faisons face à d’importants défis.
Mettre en place une série de mesures efficaces et justes pour notre population rapidement vieillissante, pour le déclin rural, le chômage persistant chez les jeunes, la pauvreté multigénérationnelle, la lente croissance économique, la transition hors des énergies fossiles, les changements climatiques rapides, et le déclin écologique représentent les défis auxquels les services publics sont confrontés et qui exigent l’appui des administrations pour de nouvelles politiques avec des choix étayés sur des arguments solides. Malheureusement, les administrations coupent les dépenses et parfois en maintenant une relation antagoniste le service public et compromettant la capacité d’être à la hauteur des défis du jour.
Rares sont maintenant les ministères qui possèdent leur propre capacité de recherche, de planification stratégique ou de préparation de politique. Un ancien sous-ministre du développement social m’a expliqué comment il devait avoir recours à des services extérieurs pour concevoir des politiques, et ce avec des résultats insatisfaisants.
Des projets sont nécessaires sur plusieurs fronts. Comment rendre nos collectivités mieux adaptées aux personnes âgées ? Comment devrions-nous intervenir pour atténuer l’isolation croissante des ainés ? Comment encourager la préparation de logements innovateurs et d’environnements de soins pour les séniors et les plus âgés ? Comment mettre en œuvre un programme de revenu vital de base pour améliorer l’aide sociale et le chômage ? Comment le gouvernement peut-il appuyer le développement des collectivités locales ? Comment faire la transition vers une société à faible émission de carbone ? Étant donné les plans pour réduire encore les ministères ou bien nous ne le pouvons pas, nous ne réussirons pas, ou bien nous payons de fortes sommes aux conseillers pour nous dire comment le faire.
Il y a dix ans, il y avait 9 000 fonctionnaires qui travaillaient au gouvernement provincial. Quand l’administration libérale a été formée en 2014, ce nombre avait augmenté par 1 300 personnes additionnelles. Et maintenant, le président du Conseil du trésor, Roger Melanson veut couper un autre 1 300 postes.
Nos services publics ont déjà été réduits trop près de l’os, affaiblissant notre capacité à répondre aux défis qui nous attendent. D’autres réductions vont complètement dévaster nos services.
L’administration rabâche sans cesse le refrain qu’elle se concentre sur les efficiences, un mot qui est devenu synonyme de suppression de postes. Nous devrions plutôt nous concentrer sur efficacité. Sur comment appuyer effectivement les collectivités rurales dans leurs efforts d’amélioration du bienêtre de leurs résidents ? Aucun groupe ne possède la responsabilité spécifique d’encourager le développement rural et communautaire. Et qu’en est-il de la transformation sociétale que nous traversons comme ainés devenant la partie croissante de la population ? Où se situe le pouvoir dans le service public pour gérer ce changement démographique radical ?
Comment faciliter la sortie des carburants fossiles ? Au Ministère du Développement Énergétique et des Ressources, il y a essentiellement qu’une seule personne sur laquelle repose le dossier de l’efficacité énergétique, et ce parmi d’autres dossiers. Et l’on peut dire la même chose du développement des énergies renouvelables. Aucun ministère ne possède le mandat de s’assurer que nous ayons une infrastructure et des services de transport public efficace.
Où aller pour trouver les preuves dont nous avons besoin pour préparer de bonnes politiques publiques ? Nous ne comprenons pas bien quels sont les jeunes qui quittent la province ni la raison. Nous avons une compréhension limitée de qui fait partie des travailleurs pauvres. Nous n’avons pas une claire compréhension des conséquences pour le Nouveau-Brunswick du recours à l’automatisation. Nous ne savons pas ni où ni comment concentrer nos efforts pour prévenir les maladies pour obtenir les résultats les plus efficaces. Cette liste est très longue.
Une partie du problème réside dans l’hostilité et la méfiance que les administrations consécutives ont pour les services publics. Plutôt que de gérer avec succès les services publics pour qu’ils puissent servir adéquatement les Néobrunswickois avec des politiques alternatives fondées sur de l’expertise et des preuves, le parti politique au pouvoir a trop souvent considéré les services publics comme leurs servantes. On ne peut qu’imaginer les conséquences sur le moral.
Les fonctionnaires sont aussi mis de côté pour taire leur avis ou ignorer leurs expertises lorsqu’une administration se permet d’être à la remorque des priorités des entreprises ou des partisans.
Il existe certainement des exceptions à cette pratique, lorsque des ministres et leurs cadres supérieurs travaillent effectivement comme une équipe pour faire progresser le bien commun, mais c’est trop rare dans une époque où une grande partie des décisions est prise directement au bureau du premier ministre.
Les réductions de budget insensées doivent cesser, et le rôle des services publics doit être restauré pour qu’il puisse effectivement aider le parti au pouvoir de s’occuper des défis de notre temps. D’autres charcutages nous rendront tous incapables.
David Coon est député de Fredericton-Sud et chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick.

    Nos principes

    >Droits et responsabilités écologiques

    Une culture fondée sur la coopération, la compassion et la compréhension est essentielle pour éradiquer la violence dans notre société. Notre système juridique doit avoir pour objectif la réadaptation plutôt que la répression.

    >Autonomie locale

    Nous devons, en tant que citoyens, avoir la possibilité et la responsabilité de contribuer au bien commun. Il est fondamental que tous aient le pouvoir de participer à la vie de la collectivité.

    >Démocratie participative

    Tous devraient avoir le même accès aux biens de première nécessité et être traités avec dignité et respect. Les traités conclus avec les Premières nations doivent être respectés.

    >Justice sociale et égalité

    Nous devons pouvoir participer aux décisions qui concernent notre vie et être assurés que notre vote se reflète dans la composition de l’Assemblée législative.

    >Autodétermination et citoyenneté

    Nos collectivités doivent avoir l’entière responsabilité de leur avenir, soutenues par une robuste économie locale et par des sources durables d’aliments locaux et d’énergie renouvelable.

    > Une culture de la paîx et du respect

    Nous devons apprendre à vivre dans les limites écologiques de notre planète et répondre efficacement à nos besoins énergétiques sans le faire aux dépens des générations futures, ni menacer la survie d’autres espèces.

    Signe administratif