Pas besoin d'un météorologue pour savoir d'où vient le vent

Les personnes qui vivent de la terre ou de la mer ont développé une capacité impressionnante à prévoir le temps qu'il fera simplement en observant le ciel et en vérifiant la direction du vent. Dans de nombreuses communautés rurales, les gens demandent au pêcheur ou à l'agriculteur de leur famille quel temps il fera, et ils obtiennent ainsi une prévision instantanée. Aujourd'hui, il suffit de jeter un coup d'œil à l'application météo sur son téléphone portable pour obtenir les mêmes informations.
Se préparer à profiter du beau temps et à faire face au mauvais temps est une seconde nature. Cela ne se répercute malheureusement pas dans notre comportement face au changement climatique qui s’accélère.
Les climatologues avaient prédit, il y a déjà toute une génération, les sécheresses intenses, les vagues de chaleur oppressantes, les incendies de forêt, les pluies torrentielles et les crues soudaines que nous connaissons aujourd'hui, occasionnées par la combustion du pétrole et du gaz dans les voitures, les camions, les foyers et l'industrie.
Alors que les agriculteurs prévoient de faire les foins quand le soleil brille et que les piétons prennent un parapluie quand la pluie est annoncée ou s'habillent en conséquence d’une canicule, nos gouvernements, eux n'ont pas préparé nos communautés aux conditions météorologiques extrêmes causées par la combustion du pétrole et du gaz. Ils n'ont pas non plus écouté les exhortations à abandonner les combustibles fossiles afin d'éviter la dégradation de notre climat et le risque que de vastes régions du monde deviennent inhospitalières et inhabitables.
L’expression populaire « C'est ça qui est ça » exprime un sentiment de résignation face à l'impossibilité du changement. Au pire, elle traduit un fatalisme paralysant.
Et pourtant, se manifeste la tendance humaine à contrôler ce que nous pouvons.
Les ménages et les entreprises, tannés du manque de fiabilité et du coût prohibitif de leur approvisionnement en électricité, s'alimentent eux-mêmes en énergie solaire, une source d'énergie inépuisable et peu coûteuse. Le ministère fédéral responsable de l'énergie conclut que l'énergie solaire produite sur les toits est désormais moins coûteuse que celle achetée par les habitants du Nouveau-Brunswick à Énergie NB. Je connais plus d'un employé retraité d’Énergie NB qui a recouvert son toit de panneaux solaires.
Un autre bon changement c’est l’augmentation de véhicules électriques sur nos routes et autoroutes. Ces véhicules électriques sont de plus en plus achetés par des familles à revenu moyen, car le marché de l'occasion pour les voitures électriques s'est développé. Pourquoi consommer de l'essence, au prix imprévisible, ou supporter les coûts d'entretien et de réparation élevés des voitures à moteur fossile, alors qu’il est possible de les éviter complètement avec un véhicule électrique.
En revanche, les fausses informations et la désinformation concernant l'adoption de ces alternatives à la combustion des énergies fossiles abondent, perpétuées par ceux qui ont un intérêt direct dans la croissance exponentielle de la production et de la consommation d'énergies fossiles.
Plutôt que faciliter la croissance de la production d'énergie solaire et l'achat de véhicules électriques rechargeables avec cette énergie solaire, les libéraux, comme les conservateurs avant eux, cherchent comment financer l'énergie la plus coûteuse qui soit, l'énergie nucléaire et augmentent la consommation de gaz fossile dans la province avec la construction d'une nouvelle grande centrale électrique alimentée au gaz de schiste.
Les questions d’abordabilité, de sécurité énergétique, d’action climatique et d’opportunités économiques peuvent toutes être prises en compte simultanément en développant le secteur des énergies renouvelables et en électrifiant les transports. Il en va de même pour la construction de bâtiments à consommation énergétique nette zéro.
La croissance nécessaire ne sera cependant jamais réalisée en l'absence d’une volonté politique et d'un environnement politique favorable. C'est là que les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer. Cela inclut la nécessité urgente de repenser des institutions clés telles qu’Énergie NB afin de faciliter l'abandon rapide des combustibles fossiles et sauver notre peau, plutôt que perpétuer le statu quo.
Dans une décision historique récente, la Cour internationale de justice a émis un avis selon lequel les nations ont l’obligation de se conformer aux traités sur le changement climatique et que le non-respect de ces traités constitue une violation du droit international, exposant les pays et les entreprises à des poursuites judiciaires. Afin de se conformer à ces traités, la consommation et la production de pétrole et de gaz comme sources d'énergie doivent être progressivement éliminées. Ça, c’est un projet d’intérêt national.
David Coon est le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick et député de la circonscription de Fredericton-Lincoln.
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